The Big C

The-Big-C-Season-3-poster-001.jpg

 

The Big C: Saison 3

abc4star

 


vlcsnap-2012-07-01-19h49m23s246vlcsnap-2012-07-01-19h46m28s48.png

 

 

 

 

 

Dur réveil pour The Big C. L'état de grâce des débuts est clairement terminé. Mais qu'est-il arrivé à la série pour qu'après 2 saisons fort réussies, la série se vautre autant? Oui, se vautre, carrément. Mes mots sont durs mais ils sont à la hauteur de ma déception. Le premier gros problème de cette saison, il me semble, a été d'oublier le cancer. Le sujet est au centre de la série et pourtant il s'est retrouvé presque complètement laissé de côté cette saison, Cathy allant mieux. Certes, la nouvelle offre un beau premier épisode et une prestation d'une infinie justesse à Laura Linney mais passé cela, on se demande si la série sait encore de quoi elle parle. Bien sûr la tentative de Cathy de redonner un sens à sa vie aurait pu être intéressante... malheureusement, elle tourne vite au n'importe quoi, avec comble du comble, une Cathy qui arrive à se rendre détestable d'égoïsme et d'inconstance. Au fond, peut-être l'était-elle déjà un peu, égoïste... mais ça ne m'avait jamais plus gêné que ça précédemment, ni trop sauté aux yeux. Cette saison, entre le passage chez la guide spirituelle, Joy, ou l'intrigue de l'adoption, difficile de passer à côté. En plus de ça, la série a souvent manqué de subtilité pour narrer le parcours de Cathy et donc préféré favoriser l'humour et le too much au détriment de la simplicité et de l'émotion qui faisait auparavant sa force. Quelques moments néanmoins retrouvent ces qualités des premières saisons,  notamment dans le final qui bien que très brouillon, me ferait presque pardonner les errements de la série avec cette jolie idée de laisser Cathy en tête à tête avec un pêcheur portoricain. Pour le reste, l'écriture laisse grandement à désirer. Je reviens sur l'histoire de l'adoption mais, mise à part la présence de Mamie Gummer (et encore), elle n'avait définitivement rien pour elle. Totalement incongrue, prévisible, elle est plus conclue de façon expéditive et poussive. Et que dire du sort réservé à cette chère Joy? Un twist plus grotesque que surprenant ou émouvant. Au bout du compte, j'ai eu l'impression que la série a voulu augmenter sa part de comédie mais que ça ne collait pas avec son identité. Si bien que ça m'a paru plus forcé que naturel. La série se trahit d'autant plus que cela va à l'encontre du schéma de thèmes saisonniers annoncé par la créatrice, cette 3e saison devant logiquement parler de la dépression.

 

En même temps, dès le début, il y avait un gros indice de l'abandon de ce schéma avec Paul. Je veux dire, si la série voulait vraiment placer cette saison sous le thème de la dépression, il n'y avait pas meilleur moyen que de commencer avec la mort du mari de Cathy. Cette résolution aurait de plus donné davantage d'impact au terrible cliffhanger final de la saison 2. Mais The Big C n'a vraisemblablement pas eu de cran et sûrement craint d'adopter un ton plus sombre en se rétractant sur la mort annoncée de Paul. Après, sur le coup, je reconnais que j'ai été heureux de voir Paul échapper à ce destin funeste. C'est un personnage attachant, il donne encore diverses opportunités de se marrer et Oliver Platt aurait aussi été une sacrée perte. Mais rétrospectivement, je me dis qu'il aurait peut-être mieux fait d'y passer. Surtout quand je vois ce qu'il a été fait de lui. Autant son histoire de blog était sympathique au début, autant au contact de la fameuse Joy, ça a peu à peu déraillé. Sûr, cette dernière reste un personnage qui en impose et Susan Sarandon est extraordinairement charismatique... mais elle a quand même bien pourri la saison au final. La transformation de Paul en grand gourou qu'elle tente d'opérer a ses quelques moments funs mais devient vite difficilement crédible. ça ruine aussi Paul qui derrière sa "sagesse" sur la vie qu'il dispense, devient finalement très égoïste et obsédé par son succès, perdant donc toute cohérence. Et le pire, c'est que les auteurs n'ont pas pu s'empêcher d'injecter un soupçon de tentation amoureuse, achevant de rendre Paul et Joy détestables. Effet collatéral, le couple Paul/Cathy, déjà plutôt délaissé cette saison, se retrouve dès lors précipité vers une nouvelle crise dont on se serait bien passé. D'une part parce que ça donne juste l'impression de revenir en arrière et d'autre part parce que c'est en tant que duo complice que Paul et Cathy fonctionnent le mieux.

 

Le bilan n'est sinon guère meilleur du côté des personnages secondaires restants. Sean apporte certes toujours pas mal d'humour, notamment avec sa mini-intrigue de téléphone rose gay, mais il ne sert bien plus qu'à ça. Alors qu'il avait bien plus de matériel les saisons précédentes et que Benjamin Hickey pouvait passer par une bien plus grande palette d'émotions, il est devenu un électron libre souvent isolé des autres cantonné à un rôle de trublion. Il se transforme un peu en Andy des premières saisons de Weeds en fait. Et là encore, ce surplus d'humour peut parfois sembler forcé et inapproprié et finir par tourner au ridicule comme avec cette affaire de ménage à trois... qui pourtant avait du potentiel au départ. Je suis toutefois encore plus déçu par Adam et Andrea (Ababu?). Le premier, après une vraie évolution la saison dernière a dérivé totalement pour redevenir antipathique avec un trip religieux qui sonne plus comme une blague qu'autre chose (et dont on se contre-fout) et un retour poussif au conflit avec sa mère. La seconde, quant à elle, à part sortir quelques rares répliques cinglantes et devenir le toutou de Paul, n'a plus aucune utilité. Ce qui les a tout de même sauvé, c'est l'amitié qu'ils ont l'un pour l'autre qui reste intacte et qui a fourni quelques (rares) sympathiques scènes de complicité et d'humour.

 

vlcsnap-2012-07-01-19h14m29s233vlcsnap-2012-07-01-19h47m05s85

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

En conclusion, de grands WTF moments, des personnages plus lunatiques que jamais, des intrigues sans lendemain, The Big C s'est essayé cette saison à un virage comique et laissée aller à un peu de surenchère. Mais The Big C n'est pas Weeds, et forcément quand une série originellement sobre, simple et sombre tente ce genre de mutation, elle va droit dans le mur. Enfin, j'admets qu'au final il y a quelques meubles qui ont été sauvés, surtout grâce aux prestations du cast et particulièrement de Laura Linney, mais dans l'ensemble, cette 3e saison reste pour moi une immense déception.

Publié dans : The Big C - Par Shoone - Communauté : Series World
Dimanche 1 juillet 7 01 /07 /Juil 20:05

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

The-Big-C-Season-2-Poster.jpg

 

The Big C: Saison 2

abc1star

vlcsnap-2011-12-30-22h34m49s48   vlcsnap-2011-12-30-22h21m57s245

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette année encore, je dois bien mille excuses à Cathy Jamison. Peut-être même plus que l'an dernier. The Big C a clairement surpassé sa première saison et aurait bien mérité que je lui dédie une tonne d'éloges dans des reviews épisodiques. Au lieu de ça, je n'ai qu'un maigre bilan de saison à offrir, pour lequel j'ai en plus bien traîné les pieds. Le fait est que je me suis senti assez désarmé devant la série qui après son éblouissant season finale m'a laissé pour longtemps sans mots pour en parler. Mais mes esprits retrouvés, je peux le dire maintenant, The Big C confirme avec sa deuxième saison qu'elle est définitivement une très belle série.

 

La force de la série en saison 1 avait été son humanité. Avec l'entrée de Cathy dans un essai clinique, cet atout risquait d'être mis à mal par un traitement plus froid, cantonné à une approche plus médicale. Heureusement, Laura Linney est toujours aussi lumineuse dans son rôle et garantit une vraie chaleur à l'intrigue. Elle porte à merveille le thème de la colère qui est celui de cette saison et qui pousse Cathy à un combat de chaque seconde contre sa maladie. Celui-ci est traité avec une grande justesse, ne sombrant jamais dans le mélodrame facile et offrant même quelques instants de joie et d'humour. Pour cela, on peut aussi compter sur Paul, plus que jamais aux côtés de sa femme. Loin des disputes constantes de la saison dernière, lui est Cathy sont devenus un couple uni face à l'adversité. Une situation moins originale, certes mais plus reposante et qui n'a été que bénéfique aux acteurs dont l'alchimie crève l'écran. Cela a aussi donné de quoi davantage s'attacher à Paul qui cesse de pester et fait tout pour soutenir sa femme, même viré de son ancienne entreprise. Il décroche du coup sa première véritable intrigue à lui, en trimant en tant qu'employé de magasin d'éléctronique pour assurer des soins à sa femme. En plus de donner un bon aperçu du dévouement de Paul, elle offre à la série la possibilité d'aborder d'autres thèmes comme les travailleurs immigrés, la drogue et surtout la problématique de la couverture santé aux Etats-Unis. J'ai été notamment marqué par son monologue face à la compagnie d'assurance, l'un des moments les plus forts du final. Mais ce n'est rien à côté du majestueux cliffhanger final le laissant entre la vie et la mort auquel toute la saison menait, qui m'a bouleversé comme rarement. Chacune des mésaventures du bonhomme le préparait. L'effet de surprise, bâti sur le point de vue de Cathy a toutefois fait tout le génie du procédé grâce à l'introducition dès le début de saison des visions fantômatiques de la malade. D'abord perturbantes, elles finissent par faire partie du décor avant de prendre tout leur sens quand Cathy voit Paul les accompagner. La chute se révèle donc avoir été longuement et finement élaborée, ce qui lui a donné toute sa force.

 

Pour conserver une vraie émotion autour du traitement de Cathy, l'autre merveilleuse idée de la saison a été la rencontre avec Lee, un jeune homme également atteint d'un cancer. Rapidement, il se lie d'amitié avec Cathy et une vraie connexion, celle de mole-mates comme ils aiment à l'appeler, s'établit entre eux. Les acteurs font preuve d'une complicité immédiate pour la porter à l'écran et Hugh Dancy, plus spécialement, s'avère impeccable. L'erreur aurait été d'en faire un nouvel amant de Cathy mais The Big C l'évite avec brio en révélant l'homosexualité du personnage, ce qui a enrichi la série d'un thème supplémentaire et rendu d'autant plus particulière sa relation avec Cathy. Lee est aussi un personnage assez génial dans la mesure où il parvient à ramener Cathy à la réalité du cancer, sans abandonner une certaine légèreté. La dernière scène que les deux malades partagent l'illustre bien.

 

vlcsnap-2011-12-30-22h25m00s29vlcsnap-2011-12-30-22h27m25s214

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En parallèle, les autres proches de Cathy suivent leurs propre voies. C'est le petit plus par rapport à la première saison où l'entourage de Cathy n'avait globalement pas de vraies intrigues individuelles. Chacun bénéficie alors d'un portrait bien plus complet. Pour autant, aucun cloisonnement excessif n'est à noter et on garde une vraie cohésion entre les personnages grâce aux excellentes initiatives de faire de Sean le voisin de Cathy et d'Andrea, son invitée. En résulte une sorte de grande famille qu'on prend plaisir à suivre, notamment lors de l'excellent épisode Thanksgiving. Parmi tous ses membre, c'est certainement Andrea dont j'ai le plus aimé l'évolution. C'est vrai que sa romance avec l'immigré ukrainien paraissait un peu cliché, mais Gabourey Sidibé a su lui donner de l'authenticité grâce à son humour imparable et sa tendresse. Puis les différents twits de l'intrigue ont révélé une vulnérabilité du personnage qu'on ne soupçonnait pas et qui a, sans mauvais jeu de mots, donné plus d'épaisseur au personnage.

 

Adam et Sean ont quant à eux grandement gagné en maturité. ça a pris du temps pour le premier, avec une grosse phase de régression un peu inquiétante en début de saison. Mais avec l'arrivée de Poppy, une trentenaire délurée fille de cancéreux, incarnée avec énergie par Parker Posey, qui a formé avec Adam un duo à la fois amusant et touchant, la série s'est largement rattrapée. Les blessures et failles de la jeune femme l'ont aidé à se remettre en question et finalement fait progresser. Sean, enfin, de son côté, a pu évoluer plus vite grâce à sa relation avec Rebecca, toujours radieuse Cynthia Nixon, mais c'est néanmoins sur lui que porte mon seul vrai regret de la saison. Sa réadaptation sociale s'est faite avec justesse et tendresse à travers son duo avec Rebecca mais on n'est toutefois pas allé au bout des choses à cause de la fausse-couche de cette dernière. L'idée était intéressante et a tout de même pu livrer un bon cliff et un épisode original entre exubérance et émotion, mais j'aurais aimé qu'ensuite les personnage confrontent cet obstacle, y fassent face pour mieux avancer. Au lieu de ça, la romance s'est arrêtée là, Sean a disparu avant de revenir comme une fleur pour le final, ce qui a laissé un petit goût d'inabouti. Reste que le premiers développement autour du personnage étaient réussis et que je ne perds pas espoir pour la suite.

 

vlcsnap-2011-12-30-22h32m09s224vlcsnap-2011-12-30-22h21m37s58

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

En conclusion, qu'ajouter de plus? Il y a beau y avoir quelques égarements au niveau des personnages secondaires, cette saison 2 de The Big C est une franche réussite. C'est un récit plein de vie et d'émotion à partir d'un sujet ô combien délicat qui est livré et tout le mérite revient à une écriture d'une grande justesse et à un cast sensationnel. Laura Linney en tête, bien entendu. Après une première saison prometteuse (d'ailleurs en cours de diffusion sur Canal + et que je ne saurais que vous recommander), The Big C transforme donc l'essai et se fait une jolie place dans mon panthéon des séries.

Publié dans : The Big C - Par Shoone - Communauté : Series World
Vendredi 30 décembre 5 30 /12 /Déc 23:01

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

vlcsnap-2011-07-01-12h46m41s50

 

The Big C: 2.01 Losing Patients (Season Premiere)

abc2stars

 


 

vlcsnap-2011-07-01-12h40m48s123Bonne nouvelle pour ce premiere, The Big C maîtrise toujours parfaitement son thème principal soit, le cancer de Cathy. On retrouve celle-ci changée, après avoir commencé son trairement, sans être guérie, ce qui aurait été trop miraculeux. Elle est en fait entrée dans nouvelle phase de sa maladie, et ce changement est bien illustré par la métaphore des saisons. Nous sommes donc passé à l'automne, ce qui correspond pour Cathy à une phase de colère. Sa maladie est acceptée, elle peut donc commencer à vraiment se battre pour sa vie et son acharnement pour obtenir un rendez-vous chez un éminent oncologue est une bonne preuve de sa détermination nouvelle... ainsi qu'un bon prétexte pour des scènes plus légères avec une Laura Linney toujours rayonnante.

 

Le duo Cathy/Paul a également permis pas mal de légèreté. Notamment avec les blagues du chien ou de la marijuana, prévisibles mais effiaces. Je suis d'autre part très heureux de retrouver le couple si uni après avoir commencé à fatiguer de les voir sans cesse dans le conflit la saison passée. J'espère qu'ils le resteront un bon moment tant l'alchimie entre Pratt et Linney est rafraîchissante... pour ça que je ne verrai pas d'un très bon oeil que la possibilité d'un triangle avec le Dr Todd n'ait pas disparu.

 

Cynthia Nixon est sinon toujours dans les parages et risque de la rester puisque son personnage Rebecca s'apprête à donner naissance au bébé de Sean. Son arrivée la saison passée avait apporté un peu de folie dans la série et c'était une sorte de réconfort bienvenu dans l'épreuve de Cathy, je suis donc bien content de la voir toujours aux côtés de celle-ci, pour des moments agréablement comiques malgré la gravité de la situation. le "You're gonna be my first really good friend that has had cancer. I will be forever changed!" notamment m'a bien fait rire.

 

vlcsnap-2011-07-01-12h38m04s20Moins drôle, la réaction de Sean en apprenant cancer de Cathy. J'ai trouvé étrange ce manque de compassion de sa part et c'est dommage de le remettre en conflit avec sa soeur, on ne l'a déjà que trop vu en première saison. Malgré tout, j'ai apprécié que la série n'ait pas oublié que la révélation de la maladie ne lui avait pas encore été faite et qu'elle prenne le temps de revenir là-dessus.

 

Déception aussi du côté d'Adam qui après avoir livré un puissant moment d'émotion dans le season 1 finale, retombe dans ses travers et redevient un ado attardé. Cependant, la fin de ce premiere a peut-être introduit une possibilité de rédemption.

 

Pour terminer, le retour de Marlene était... perturbant. Hallucination de Cathy liée au cancer ou apparition surnaturelle? Le doute persiste. La première option aurait plus d'intérêt. En tout cas, ça reste quand même un plaisir de retrouver Phyllis Somerville que personnellement je ne pensais plus revoir.

 


 

En conclusion, lourde tâche qu'avait cet épisode que de passer après le magnifique season 1 finale qui concluait à merveille une première saison très réussie. Si, forcément, ce n'est pas aussi bien, la série s'en tire honorablement avec une introduction solide et poétique qui souffre juste de quelques redites. Comme pour Weeds sinon, je vous invite à revenir en fin d'été pour un débrief complet de la saison.

Publié dans : The Big C - Par Shoone - Communauté : Series World
Vendredi 1 juillet 5 01 /07 /Juil 13:00

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
the-big-c-saison-1-4778704xmruv
.
The Big C: Saison 1

abc2stars

 

vlcsnap-2010-11-23-22h37m49s28.pngJe sais bien que The Big C mériterait que je lui consacre mille fois plus que ce misérable bilan. Mais un sériphile doit savoir faire des choix. On ne peux pas tout reviewer hebdomadairement, à moins de sacrifier toute vie sociale ou ambition professionnelle. Personnellement, je n'en suis pas pas encore là. Je ne trouve pas pour autant moins dommage de ne pouvoir offrir à cette série qui a déjà tout d'une grande, qu'un seul petit post... mais il faudra s'en contenter. Mais au fait The Big C, ça parle de quoi déjà? The Big C, c'est avant tout une série sur une cancéreuse, d'où le fameux C du titre. La malheureuse élue se prénomme Cathy Jamison, mère aimante, enseignante désabusée et parfaite femme au foyer de la middle-class à ses heures. Interprétée avec brio et émotion par la géniale Laura Linney, elle va apprendre, au fil des épisodes, à vivre avec sa maladie... à sa façon. Mais elle va surtout apprendre à vivre, tout court. C'est alors dans un vrai voyage que nous embarque Cathy, un voyage dans le monde du cancer; à la recherche du sens de la vie. Tout au long de la saison, ce voyage va la confronter aux différents rituels et éléments traditionnels à ce type d'histoire. La force de The Big C sera de réussir à toujours les rendre originaux, de ne jamais nous en parler comme on pourrait s'y attendre. On a par exemple l'oncologue de Cathy, le Dr Todd, joué par Reid Scott, qui apparaît complètement dépassé par sa patiente, qui est d'ailleurs la première à qui il découvre un cancer. Il y a sinon le groupe de soutien que songe à rejoindre Cathy, complètement tourné en dérision. Et puis on a aussi droit à une drôle de séance de découverte des traitements alternatifs lorsque Cathy se rend  au Canada pour essayer de faire traiter son cancer par des piqûres d'abeilles, avec l'aide d'un Liam Neeson, particulièrement loufoque et drôle avec ses convictions sur la médecine parallèle.

 

vlcsnap-2010-11-23-22h45m10s71Parce que le cancer ce n'est pas que l'histoire d'une seule personne, mais aussi celle de son entourage qui subit la maladie tout comme elle, on s'attarde aussi sur divers personnages secondaires qui constituent la drôle de famille de Cathy. Pour le meilleure, comme pour le pire, car là a toujours été la grande faiblesse des dramédies de Showtime: elles ne savent pas toujours occuper convenablement les seconds rôles. L'originalité ici c'est que peu sont au courant du cancer de la pauvre Cathy et poursuivent alors en électrons libres des intrigues qui leur sont propres. Mais ça reste au final toujours plus réussis quand ils sont associés à Cathy. Oliver Platt, génial en mari immature et parano, a le privilège d'avoir en général toujours des histoires liées à sa femme. Les 2 nous offrent ainsi un formidable jeu de "je t'aime/moi non plus" tout au long de la saison avant de finalement se retrouver, décidés à faire face ensemble au cancer, et ce malgré leurs écarts respectifs avec un peintre black paumé pour Cathy et la pouffe du terrain de foot pour Paul. D'ailleurs, heureusement que ceux-ci se concluent assez vite car ils n'ont au final que bien peu d'intérêt. Le duo Paul/pouffe n'est pas très drôle et pas franchement convaincant et le peintre, incarné par Idris Elba, se fait un peu bouffer par Laura Linney. Adam, le fils de Cathy et Paul, est moins chanceux. Déjà, on ne s'attache pas du tout à ce personnage là... gamin, insensible, têtu, Adam est une vraie plaie avec sa mère. Et puis il n'est pas franchement mieux avec les autres. Notamment avec la pauvre Andrea (l'excellente Gabourey Sidibé de Precious) avec qui il manque plusieurs fois de gâcher son amitié. Mais il va progressivement évoluer, et réussir à devenir particulièrement touchant en fin de saison, et je crois que son contact avec cette chère vieille Marlene y aura contribué.

 

vlcsnap-2010-11-23-22h44m01s163La fameuse voisine d'en face s'avère être le second rôle le plus fort du lot. Le paradoxe c'est que c'est elle qui va être pendant longtemps la seule à connaître le secret de Cathy et pourtant c'est elle qui s'en sort le mieux en solo à mon sens. On traite à travers elle avec beaucoup de justesse et d'émotion le thème de la vieillesse et plus spécialement la maladie d'Alzheimer. Son histoire se conclut dès cette première saison de manière particulièrement surprenante et tragique qui confirme la solidité du développement du personnage. Dans un registre plus léger, on a Sean, le frère SDF (par choix) de Cathy, un excellent ressort comique lors des premiers épisodes. Il bénéficie aussi d'excellents moments avec Cathy, notamment lors de leur petit road-trip pour aller visiter leur père, et ce pendant toute la première partie de saison. ça se gâte ensuite quand débarque Cynthia Nixon en vieille amie de fac de Cathy. Je ne remet pas en cause l'intérêt de ce personnage dont les scènes avec Cathy étaient très drôles et tendres... mais je ne vois en son idylle avec Sean qu'un prétexte pour forcer Nixon à rester dans la série. Et c'est dommage parce que The Big C n'en a pas si besoin que ça, un petit passage en guest suffisait. Mais non, du coup, on a droit à une relation assez bâclée et vite expédiée... espérons que le coche sera rectifié en saison 2.

 

vlcsnap-2010-11-23-22h40m33s130Le vrai ciment de la série reste donc Cathy. Et quel ciment! La prestation de Laura Linney lui vaudra à coup sûr un Emmy (de toute façon toutes les actrices de Showtime l'obtiennent). En 13 épisode, elle sera passée par toute une palette d'émotions. Peur, frustration, joie, tristesse, amour, tendresse... mais toujours latent, derrière tout ces sentiments, le déni. C'est en fait autour de ce thème que s'articule la saison qui représente ainsi la première phase par laquelle passe le malade confronté au cancer. Fuyant ainsi la maladie, les choix de Cathy ne sont donc pas toujours des plus cohérents et judicieux. On la voit alors essaier de profiter au maximum de chaque instant de la vie, si bien que son attitude s'opposera souvent aux règles de société. Elle va par exemple au cours du magnifique Playing the Cancer Car (sûrement mon épisode préféré de la saison) prendre des décisions financières complètement déraisonnables, se comporter de façon totalement imprévisible et spontanée, allant jusqu'à libérer un homard dans une piscine. Et puis elle va revenir à la raison et faire de ses nombreux achats compulsifs de futurs cadeaux posthume pour son fils. C'est sombre et profondément tendre à la fois. La parfaite définition de la série.

 


 

En conclusion, l'exercice s'annonçait casse-gueule: fonder une entière série autour du cancer sans tomber dans le mélodrame facile. Mais The Big C s'en sort haut la main, et ce grâce à une écriture juste et intelligente et à ses acteurs, et surtout rôle principal, absolument parfaits d'humanité et de fragilité. Pas de doute possible, The Big C est la meilleure nouveauté de 2010/2011.

Publié dans : The Big C - Par Shoone - Communauté : Serie TV Alliance
Mardi 23 novembre 2 23 /11 /Nov 22:56

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Combien êtes-vous?

Compteur de visiteurs en temps réel

Recherche

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés