"The Vest" (Homeland - 1.11)

Publié le par Shoone

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Homeland: 1.11 The Vest

 

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vlcsnap-2011-12-16-20h17m04s182Au risque de me répéter: Claire Danes est une incroyable actrice. Oui, je l'ai déjà dit et je le redirai encore, mais c'était important de vraiment le souligner maintenant en s'attardant sur cet épisode. Son principal atout est en effet l'hallucinante prestation de Danes en tant que Carrie bipolaire en pleine crise psychotique. Le trouble du personnage est enfin clairement mis en scène et c'est avec une intensité et une justesse sans pareil que l'actrice le porte à l'écran. Cela arrive à un moment tout à fait opportun puisque suite à l'explosion terroriste mais aussi à la désillusion de sa relation avec Brody, il faisait sens que s'ensuive un vrai effondrement du personnage. Sa déchéance m'est de plus apparue parfaitement écrite, faisant passer Carrie dans un statut de malade avec le retour de sa famille qui adopte un vrai comportement de baby-sitter avec elle. Ce n'est toutefois pas là qu'elle touche le fond, mais avec l'ingénieuse trouvaille qu'est le cliffhanger final qui résulte d'une excellente utilisation de la relation de Carrie et Brody. Celui-ci finit ainsi par dénoncer l'agent et ses méthodes discutables. Cet habile coup-bas provoque son exclusion de la CIA par Estes dans une scène d'une cruauté et d'un pathétique absolument prenant où le jeu de Danes atteint son paroxysme.

 

Tout l'intérêt de la psychose de Carrie, d'autre part, ne vient pas seulement du fait qu'elle accélère sa chute mais aussi de ses côtés positifs. De fait, dans son état psychotique, Carre a beau ne plus être prise au sérieux par personne, elle semble avoir gagné une sensibilité accrue, l'aidant à comprendre les mystères entourant les terroristes et Abu Nazir. Certes, cela peut apparaître comme une léger raccourci, mais j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose d'extrêmement poétique là-dedans. Et si au fond c'était dans la folie qu'on retrouvait la raison? J'ai ainsi beaucoup aimé sa petite obsession pour les couleurs aboutissant à un schéma coloré des phases des stratégies et comportements d'Abu Nazir. ça avait un petit côté absurde mais ça gardait un bel effet visuel. Alors c'est vrai, on y comprend rien au départ et les paroles de Carrie restent longtemps du charabia mais Saul vient mettre un peu d'ordre dans tout ça. L'occasion est là toute trouvée pour souligner son statut de repère pour Carrie mais aussi toute l'affection qu'il éprouve pour elle. Je crois même que la force du lien entre les deux personnage n'a jamais été aussi bien mise en valeur. Les scènes entre Claire Danes et Mandy Pantinkin sont de plus clairement les plus réussies et touchantes de l'épisode.

 

vlcsnap-2011-12-16-20h23m37s37En parallèle, j'ai bien cru ne pas pouvoir vibrer autant avec Brody et son petit road-trip en famille. Mais en fin de compte, même si la virée dans l'arrière-pays n'a dans son principe initial rien de palpitant, je ne me suis pas ennuyé. Cette fameuse veste d'explosifs, véritable motif du déplacement de Brody est venue ajouter un peu de suspens et de piment au récit. Déjà, rien que par la nature instable de l'objet, mais aussi en continuant de cultiver le mystère autour de Brody qui est désormais présenté comme un kamikaze sans que cela soit explicité. Le jeu sur le doute se poursuit donc efficacement et c'est ce qui fait la saveur de l'intrigue. Quelques regrets demeurent cependant au sujet du road-trip. La premier concerne l'aspect politique. Il apparaît de façon un peu cliché et facile ici lors de la rencontre avec les électeurs déjà tout trouvés. Mais ce n'est néanmoins que du détail. Je regrette sinon les suspicions de Dana. De ce côté, c'est déjà plus gênant. Le raccourci est là plus qu'évident et surtout assez maladroit. Le problème c'est qu'on amène les soupçons de la jeune fille sans vraie subtilité en faisant Brody agir sans énormément de discrétion. C'est difficile d'y croire quand on l'a vu précédemment préparer chacun de ses mouvements si méticuleusement. Alors pour le coup c'est dommage.

 


 

En conclusion, à un épisode du final, Homeland ne relâche pas le rythme. Cela se paie néanmoins au prix de quelques raccourcis et maladresse plus ou moins acceptables, mais nécessaires à ce stade de la saison. L'épisode  entame quoi qu'il en soit une impressionnante montée en puissance, portée essentiellement par la psychose de Carrie. Celle-ci offre à Claire Danes certainement sa prestation la plus poignante jusque là. Nul doute désormais que le rôle lui garantira Emmy, Golden Globes et multitude de récompenses. Si ce n'est pas le cas, je ne réponds plus de rien.

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Watcher 23/12/2011 13:05


Ah oui je vois... Tu n'as pas tort, mais on peut aussi justifier qu'il y a eu une dynamique inversée du coup ; le fils d'abord éloigné s'est rapproché, la fille plus proche au départ s'est
éloignée.

Watcher 19/12/2011 15:41


Je te suis complètement, notamment pour la crise de Carrie qui a une certaine poésie (j'ai personnellement adoré l'idée très simple que Saul comprenne le "langage" de Carrie).


Pour Brody en revanche, moins accroché, et bizarrement c'est la suspicion de sa fille qui m'a aidé à revenir dans l'histoire. Je crois que je me suis attachée à sa famille mais pas au personnage.
Après, c'est vrai que niveaus subtilité, on n'y était pas trop de ce côté, mais on ne dit pas non plus de quel ordre est cette suspicion, tout comme le cas Brody peut apporter encore quelques
rebondissements alors qu'il est présenté comme kamikaze en effet.

Shoone 19/12/2011 16:01



Oui cette scène de Saul avec Carrie est très belle. D'ailleurs toutes leurs scènes sont géniales. Personnellement, rarement une telle relation a pu autant me toucher, je crois.


Dans le cas Brody, je crois que j'aurais trouvé ça plus juste, même si ça avait aussi été maladroit, que ce soit son fils qui ait des soupçons sur lui. D'abord parce que c'est lui qui a été
montré le plus déconnecté de son père. Dès le pilot même. Et puis ça lui aurait donné un peu plus d'exposition que ce qu'il a eu jusqu'ici.



cacou 17/12/2011 17:05


jean-Pierre BRISSET, lui aussi grand psychotique mais aussi écrivain ( la science de Dieu) à qui ses talents furent insuffisamment reconnus ( à l'exception notable d' Andre Breton qui le cite
dans l'anthologie de l'humour noir et d'un article, ancien maintenant dans la revue bizarre ) écrivait


c'est là qu'il fallut lire, dans le délire


 en d'autres termes la vérité s'énonce dans le délire....

bonakor 17/12/2011 12:04


Entièrement d'accord sur le talent de Danes. J'en avais le souffle coupé ! Sur les récompenses, je ne réponds plus de rien de mon côté depuis que Carell a été complètement ignoré. 

Par contre, le final risque d'aller à mille à l'heure s'ils veulent tout résoudre en une heure, mais j'en doute et j'ai bien l'impression que c'est la saison 2 qui amènera une conclusion

Shoone 17/12/2011 15:59



Non, effectivement, je ne crois pas vraiment non plus à une possible résolution totale dans le final. Quoique il est annoncé comme plus long que les épisodes précédents... mais on verra. En tout
cas, j'ai le pressentiment qu'on sera amené à continuer à voir Brody par la suite. Mais je peux complètement me tromper aussi. C'est aussi ça qui est génial avec Homeland, on ne sait pas
vraiment à quoi s'attendre.