Judging... the 2011/2012 Pilots

Publié le par Shoone

Judging... the 2011/2012 Pilots

 

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Pilots de la Mi-Saison

 

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House of Lies: 1.01 Gods of Dangerous Financial Instruments (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2012-01-27-14h51m24s195-copie-1En tant que fan de feue-Veronica Mars et éternel déçu de son annulation précoce, c'est dire si j'attendais le retour de Kristen Bell avec impatience dans cette prometteuse comédie de Showtime sur les arnaques des "consultants managers". Finalement, en sortant du pilot, je me dis que je n'aurais peut-être pas du. Pas que ce début soit raté, loin de là, mais en ce qui concerne Kristen Bell, les retrouvailles ne sont pas à la hauteur de mes espérances. Son personnage n'est pas mauvais, il semble même avoir un certain potentiel... seul problème: il est presque inexistant. Le personnage ne bénéficie pas d'une grande exposition est et laissé assez en retrait. Et encore, Bell reste tout de même la mieux lotie comparée à ses collègues second-rôles. Ils sont eux tout simplement transparents. C'est le problème quand on a un rôle principal aussi imposant et charismatique, à l'instar de séries comme House ou Mentalist: il finit par effacer les autres personnages. C'est clairement ce qui arrive avec ce Marty Kaan, patron de l'agence de consultant, expert en entourloupes de communication. La série en a fait son principal argument de vente, et à raison. Le personnage se révèle savoureusement bigger than life et Don Cheadle l'incarne avec une énergie et une conviction très réjouissante. C'est lui, bien évidemment qui bénéficie du coup de la meilleure introduction possible. Au-delà de son aspect d'escroc prétentieux et séducteur, il présente ainsi également des fêlures, liées à son passé mais aussi une certaine tendresse pour son entourage, ce qui en fait un personnage rapidement attachant. Pour arriver à ce résultat, j'ai trouvé que le procédé des "scènes figées" était aussi très utile. Marty y brise le 4e mur et en s'adressant directement au spectateur, il permet à une complicité de s'établir plus facilement. Du moins, je l'ai ressenti comme ça. Ces "pauses" sont par ailleurs l'occasion d'explications, non seulement sur la vie et l'état d'esprit de Marty, mais aussi sur son business et les différentes relations d'affaires, accompagnant une réductrice mais efficace satire du monde de la finance. Elles aident alors, à mon sens, en plus de la présentation du personnage, à l'introduction à l'univers de la série. Je pense toutefois qu'il faudrait juste veiller à ne pas en abuser, cela pourrait parfois risquer de tuer le rythme et d'irriter les spectateurs les moins patients. Elles contribuent sinon à un bon effet comique grâce à leur mise en scène assez loufoque et au choix de les faire survenir en pleine action. Au niveau de l'humour, la série ne manque pas non plus d'efficacité grâce à une vraie irrévérence dans le ton. Le fils de Marty, drag-queen en devenir en est la meilleure manifestation. Mais, dans le genre, c'est définitivement la scène du restaurant qui a le plus marché sur moi, tant elle est inattendue et délirante. A noter qu'on utilise quand même beaucoup la sexualité comme un prétexte à l'humour. Ça passe pour moi tant qu'il y a un peu de fantaisie et d’exubérance qui vient avec, mais là encore il vaut mieux ne pas trop tirer sur la corde pour ne pas tomber dans le racolage. Enfin, sur l'aspect partiellement lonerisé du show, j'émets quelques réserves tout de même. J'ai peut-être globalement apprécié l'intrigue de ce premier associant Marty à une firme de New York, pour son humour et le fait qu'elle introduise bien à l'univers du personnage, mais j'espère que des arcs sur le long terme viendront vite s'ajouter à ce type d'histoire bouclée. Ou si ce n'est pas le cas, pour assurer le divertissement, il faudra renforcer l'alchimie de groupe de l'équipe de Marty qui reste faiblarde ici.

 

Pilots de la Rentrée

 

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American Horror Story: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-10-09-13h20m54s246.pngSentiment des plus mitigés devant ce pilot. Mais je dois vous dire que ça m’arrange. Après avoir banni du blog Glee, l’autre œuvre sans queue ni tête de Murphy, j’aurais perdu toute crédibilité si je l’avais immédiatement remplacée par la nouvelle création du bonhomme. Pour autant, si je ne compte plus vous reparler d’American Horror Story après ce rapide retour sur le pilot, je pense tout de même la suivre. C’est moi dans toute ma contradiction… ou mon côté masochiste. Mais le fait est que si la série n’est certainement pas un chef d’œuvre, elle pourrait servir de bon guilty pleasure. Que les choses soient claires cependant, il y a bien un tas de trucs qui clochent dans ce pilot. A commencer par la fragilité du scénario. On peine d’ailleurs à bien le comprendre tant le montage est décousu. Il enchaîne les scènes de façon incohérente, aboutissant à un gloubi-glouba horrorifique et malsain sans consistance. A la limite, cette impression de n’importe quoi total pourrait contribuer à une idée de folie et de récit imprévisible qui tiendrait en haleine… sauf que le tout sonne souvent très faux. Parce qu’on en fait définitivement trop, parce que les ficelles narratives sont des plus grossières et parce que derrière le trash et le politiquement incorrect, il ne semble y avoir aucune justification artistique. On a du coup juste l’impression que l’esprit tordu des auteurs, et plus particulièrement de Murphy je pense, n’a que cherché à compiler dans une série ce qui choque le plus les gens au XXIe siècle. Les trisomiques, l’automutilation, les massacres de masse à la Columbine, la frustration sexuelle, les défigurés… et la série se concentre tellement là-dessus, que ce qui aurait pu nous intriguer un minimum passe un peu à la trappe, à savoir le mystère de la maison hantée. L’autre gros problème, ce sont les personnages. C’est à peine si on arrive à avoir une vraie présentation d’eux tant leur personnalité change du tout au tout en fonction des scènes, au point d’agir de façon totalement irraisonnée. Ils n’ont de ce fait presque aucune épaisseur. Ce sont simplement des poupées de chair,  gadget du scénario. Ils ne sont pas aidés par les prestations des acteurs. Il n’y a bien que Connie Britton qui tire son épingle du jeu en se débattant de son mieux pour rendre son personnage accessible malgré des choix douteux. Pour le reste, c’est un gros gâchis. Frances Conroy devient caricaturale à force de se retrouver toujours dans le même rôle de vieille folle, McDermott est désespérément mono expressif, Jessica Lange semble sortie d’un soap, les ados sont plus drôles et insipides qu’inquiétants et Denis O’Hare n’arrive pas à rendre dérangeant son serial-killer. Mais voilà, ça en devient comique d’une certaine manière. Ce n’était sûrement pas volontaire, mais pas mal des séquences m’ont fait rire. Parce que c’est ça qui arrive. Le tout est si insensé et exagéré qu’on en rit. Et c’est finalement ça qui me donne envie de poursuivre… ainsi  qu’une certaine esthétique dans la réalisation qui fait que même si l’histoire racontée est des plus bancales, elle reste un minimum envoûtante. Et c’est bien tout ce qu’est American Horror Story. Un jouet vintage en miettes dans un bel emballage.


Homeland: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-10-08-16h43m46s76.pngVoilà bien deux ans que moi et les séries thrillers à gros budget, on est un peu en froid. FlashForward a vu mon intérêt décroître jusqu’à son dixième épisode et The Event ne m’a même pas donné envie d’aller au-delà de son pilot. Ringer réussit, elle, pour le moment à m’accrocher grâce à l’originalité de son double-rôle mais ce n’est pas (encore ?) le grand amour non plus. Mais la tendance pourrait enfin vraiment s’inverser grâce à Homeland. Signe particulièrement encourageant : son pilot réussit à susciter chez moi une impatience pour le prochain épisode que je n’avais pas connue depuis un moment avec ce genre de séries. Le mystère qu’elle introduit autour des motivations de Nicholas Brody, un soldat rescapé des forces terroristes,  est suffisamment accessible et consistant, grâce à un Damian Lewis impressionnant, pour intriguer. On joue également assez sur l’ambiguïté du personnage pour susciter rapidement un bon lot de questions. Est-il vraiment ce qu’il prétend ? Représente-t-il une menace ?  Du côté des forces enquêtrices, représentées par une agent de la CIA dénommée Carrie, la détermination à vouloir établir la vérité est si grande, que cela confère, de plus, tout de suite un certain poids à l’éventuel complot. Sans compter les flashbacks en Irak, les diverses mentions au 11 Septembre qui sonnent comme un rappel constant à la vigilance et bien sûr, la prestation envoûtante de Claire Danes qui réussit à ne pas rendre l’obsession de son personnage à percer les secrets de Brody, trop exagérée et artificielle. L’attitude est de toute façon progressivement expliquée par le passé trouble de la jeune femme, suggéré par sa prise de médicaments et ses sortes de crises d’angoisse. D’autre part, son comportement n’est pas ignoré de ses supérieurs qui,  en conséquence, l’écartent de leurs opérations. Finalement,  Carrie se retrouve un peu isolée et obligée de se débrouiller par elle-même pour investiguer sur les secrets de son inquiétant soldat. Et c’est là que la position du personnage est particulièrement intéressante. Elle est de ce fait, comme son adversaire, forcée à agir dans une certaine clandestinité, ce qui pose la base d’une partie d’échecs à armes égales dont l’issue est d’autant plus imprévisible… et donc excitante. Par ailleurs, cette isolation du personnage de Danes, combinée à son état mental trouble, contribue grandement à une atmosphère paranoïaque efficacement oppressante. Pas de doute, on est bien dans un thriller. On trouve toutefois un côté un peu soapesque à la série dans la famille brisée du soldat. Je craignais d’ailleurs que cela vienne interférer avec la trame principale mais finalement, l’intrigue annexe développée s’y intègre très bien. Le tout passe même sans problème grâce à une interprétation sans fausse note de Morena Baccarin en épouse dévouée. Son adultère, bien qu’un poil cliché, aide à nuancer le personnage et lui donne un champ d’action plus large. Ses scènes avec ses enfants et Brody apportent sinon une émotion et une sorte de chaleur qui permet de respirer un peu. Et puis que dire des retrouvailles des époux ? A la fois tendres et déchirantes, grâce à une alchimie déjà impeccables entre Lewis et Baccarin. Bref, on est captivé du début à la fin, parfois bouleversé et déjà grandement enthousiasmé par le potentiel dévoilé. Homeland signe de loin le meilleur pilot de cette rentrée, tout simplement.


Suburgatory: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-29-22h04m39s121.pngJe m’attendais à franchement plus drôle. Finalement, ce pilot, sans être déplaisant, est resté relativement sage avec l’utilisation de caricatures faciles et milles fois rabâchés de la banlieue américaine. L’histoire réussit toutefois à susciter un minimum d’intérêt grâce à une héroïne attachante. Jouée avec une certaine fraîcheur par Jane Levy, Tessa n’est ni trop cynique ni trop naïve, elle trouve le juste milieu pour être un personnage lucide mais pas agaçant. Elle part avec de nombreux préjugés (avérés dans l’épisode) sur la banlieue et nous gratifie de commentaires plus ou moins drôles basés là-dessus mais finit toutefois par se laisser surprendre par ce nouveau monde. Ce qui devrait être au final tout le propos de la série, montrer comment de cette confrontation aux suburbs, la vision qu’en a la jeune citadine va évoluer à mesure que vont en apparaître les nuances. Heureusement d’ailleurs qu’elles apparaissent, pour éviter de tomber dans la caricature absolue… problème, ça en devient tout de suite moins drôle. L’humour fonctionne en fait surtout quand la série va plus loin dans la caricature et se permet quelques folies, dont la scène de la piscine qui doit bien être celle qui m’a le plus fait rire. Pour le reste, c’est une suite de situations déjà vues qui malgré l’énergie appréciable de Cheryl Hines en mama botoxée, ne prennent pas. Point positif pour conclure tout de même, la dynamique père/fille entre Jane Levy et Jeremy Sisto fonctionne plutôt bien. De plus, l’idée de présenter la relation d’un père célibataire avec sa fille est une des rares originalités de l’épisode. C’est un type de famille assez rare à la télévision américaine je trouve. Il me manque toutefois une fantaisie et un peu plus d'innovation dans la moquerie de la banlieue qui est faite à travers elle pour me donner envie de suivre cette famille.

 

A Gifted Man: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-25-15h23m15s101.pngPour tout vous dire, si j’ai tenté ce pilot, c’est essentiellement pour la formidable, l’exceptionnelle, la sensationnelle (ajoutez le superlatifs qui vous conviendra, il sera mérité) Margo Martindale. Quelle n’a donc pas été ma déception quand j’ai découvert qu’elle n’occupait qu’un rôle moindre. On est loin de Mags Bennett qui avait le temps de fasciner et de crever l’écran par son charisme. Heureusement, les brèves scènes auxquelles elle a droit font toujours mouche. Pour ce qui est de l’épisode dans son ensemble, le résultat est assez mitigé. Il fait un patchwork de plusieurs genres sériels. Médical, familial et surnaturelle. Le héros, Michael, un arrogant neurochirurgien de renom, constitue le lien entre les trois. La partie médicale est clairement la moins réussie. Son seul intérêt est d’effectuer par détournement un portrait du personnage de Michael. Les cas sont eux des plus revus, entre le jeune talent qui met santé en péril pour son succès ou le bon vivant têtu, refusant de privilégier sa guérison. Des séries comme Grey’s ou House ont à ne pas en douter déjà dû mettre en scène ce genre de patients. Et sûrement plus d’une fois. L’aspect familial de la série est peut-être le plus discret mais est déjà plus convainquant. Il est essentiellement porté par la sœur de Michael et accessoirement son fils. Elle est incarnée par une Julie Benz pas bien impressionnante mais qui réussit à rendre la relation avec son frère crédible et aide à le rendre moins antipathique. On reste toutefois dans le cliché de la mère célibataire paumée mais au moins ça donne d’autres possibilités à la série et la sort un peu du cadre professionnel. Vient enfin la part de surnaturelle, sur laquelle était entièrement basée la promotion de la série, laissant craindre un vulgaire reboot de Ghost Whisperer. Sauf que non. On est donc pas dans le mysticisme niais à la Boobinda Gordon, plus dans quelques chose de sobre et léger dans les retrouvailles de Michael avec son ex-femme fantomatique, Anna. Bon on retrouve l’idée prévisible d’ « unfinished business » empêchant la pauvre Anna de rejoindre l’au-delà mais la différence, c’est qu’ici, cela devrait nous occuper pour toute la série, le personnage demandant à Michael de l’aider à achever ses nombreuses œuvres inachevées. C’est là que la série me fait un peu peur, s’orientant vers un schéma procédural qui verra ainsi chaque semaine Michael tenter de mener à bien un projet caritatif laissé en plan par Anna qui évidemment était une mère Thérésa en puissance. Peu de place pour la surprise à ce moment là. Il faudrait alors suivre la série pour ses personnages. Valent-ils le coup ? C’est bien ce qui me rend si partagé sur ce pilot, parce que je serais tenté de dire oui. Outre celui de Martindale qui mériterait qu’on la suive n’importe où, Michael et Anna font de bons rôles principaux, plutôt charismatiques. Le premier dispose déjà d’une certaine complexité qui le rend suffisamment intrigant et la deuxième est dotée d’une bienveillance et d’une fraîcheur qui en font vite un personnage attachant. En outre, les acteurs, Patrick Wilson et Jennifer Ehle fonctionnent très bien ensemble et donnent l’émotion nécessaire à leurs scènes. Maintenant, est-ce vraiment suffisant pour me donner envie de poursuivre ?

 

2 Broke Girls: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-21-22h55m30s94.pngUne très très bonne surprise ! Et j’ai bien failli passer à côté. Pour être honnête, le pitch de la série ne m’emballait pas vraiment, tout comme le cast composé essentiellement d’inconnus pour moi. Mais son début triomphant en audiences (près de 20 millions de téléspectateurs ! … avec tonton Ashton pour rampe de lancement, mais tout de même…) et les retours globalement tous très positifs ont attisé ma curiosité.  J’ai donc tenté le pilot, non sans crainte de me retrouver devant un insupportable concentré d’humour girly et de clichés sur pattes. Finalement, je n’avais pas trop de raisons de m’inquiéter. Si on n’échappe pas à quelques touches girly et à des personnages secondaires assez caricaturaux, c’est largement compensé par la fraîcheur et le naturel de Kat Dennings. Elle incarne Max, serveuse fauchée de New-York, délicieusement cash et pleine d’autodérision. Grâce à elle, la série trouve vite un ton humble et caustique plutôt agréable. La comédie fonctionne aussi grâce à son association avec Caroline, une héritière déchue tentant de se faire à la vraie vie. A l’opposé du caractère de Max, elle n’est pas non plus une insupportable fille à papa et se rend également plutôt vite attachante. Résultat, le duo des deux personnages est instantanément adopté. Le courant passe d’ailleurs plutôt bien entre elles et l’affaire du boyfriend sert de bonne base à leur amitié. Au-delà du tandem, on se retrouve quand même dans une sitcom, tout ce qu’il y a de plus classique. On est en mode multi-caméras, on a les décors récurrents, les rires enregistrés… mais quelque part, ça fait aussi un peu le charme du pilot. Ça peut paraître un peu dépassé mais personnellement, je suis encore attaché à ce format de comédie. Et si on ajoute à ça une écriture savoureusement incisive et impertinente, des références pop-culture bien placées et des personnages attachants, je suis définitivement preneur.

  

Up All Night: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-17-16h55m42s66.pngMignonne comédie que Up All Night. Mignonne, mais pas hilarante. On y suit les déboires de Reagan et Chris, un couple de parents essayant de s’accoutumer à leur nouvelle situation… et à leur bébé. Jusque là, rien de révolutionnaire. La petite originalité est à trouver dans le fait que ce soit le mari qui reste à la maison pour s’occuper de l’enfant pendant que la mère reprend le boulot. C’est dans l’air du temps et donne un petit côté féministe à la série. Ça ne génère néanmoins pas de situations comiques des plus efficaces. Il était ainsi prévisible qu’on allait du coup découvrir un père un peu dépassé. Le peu d’humour efficace qu’il y a dans ce pilot est finalement à chercher du côté des personnages secondaires. Ou plutôt du personnage secondaire, puisqu’il n’y en a qu’un pour le moment, à savoir la patronne de Reagan. Un peu mégalo sur bords, grosse fêtarde, égocentrique, elle apporte un peu de peps et de folie à l’ensemble grâce au jeu de Maya Rudolph. Je ne connaissais pas l’actrice jusque là et je dois dire que c’est pour moi une bonne surprise. J’ai plutôt bien adhéré à ses mimiques et son énergie. Si je me suis en revanche moins marré avec Christina Applegate et Will Arnett, leur couple reste un des gros points forts de l’épisode. L’alchimie entre eux fonctionne très bien et ils parviennent à donner une belle authenticité à leur personnage. J’ai par ailleurs apprécié que l’arrivée du bébé ne les force pas à complètement changer et que même ensuite, ils tentent de rester les grands fêtards qu’ils sont. Après, c’est plus un portrait simple et attachant qui est fait du couple que quelque chose de drôle et décalé. Dans une comédie, je ne suis pas sûr que ce soit ce que je recherche.

 

Ringer: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-15-23h21m34s113.pngUn thriller stylisé sur la CW ? La chaîne teenage et superficielle par excellence ? C’était trop beau pour être vrai. Et pourtant le pari est… presque réussi. Au centre de la série, on retrouve Bridget et Siobhan, des jumelles que le temps a éloigné, faisant de la première une jeune femme un peu paumée impliquée dans des affaires criminelles et de l’autre, une riche new-yorkaise influente. Après des retrouvailles mouvementées, Bridget est amenée à prendre la place de sa sœur et à assumer la mascarade que cela implique. Si le scénario peut vaguement faire penser à une version moderne du conte du Prince et du Pauvre, rapidement, il se révèle plus complexe qu’il n’y paraît, avec ce qu’il faut de secrets, complots et mensonges. Il s’avère ainsi que ni Bridget ni sa sœur ne soient des anges et que chacune possède sa part d’ombre. Plus particulièrement Siobhan autour de laquelle se construit un mystère déjà bien étoffé qui a le potentiel  pour tenir en haleine sur plusieurs épisodes. A côté, Bridget n’intrigue peut-être pas autant avec son affaire de témoin sous protection assez classique mais qui a le mérite de nous faire retrouver Nestor Carbonell, inoubliable Richard Alpert de Lost , en agent du FBI. La jeune femme conserve tout de même un certain intérêt grâce à Sarah Michelle Gellar qui réussit à rendre le personnage plus ou moins attachant. Par contre, n’en déplaise aux armées de fans de l’ex-chasseuse de vampires, elle est indéniablement moins convaincante dans le rôle de Siobhan, ne lui donnant pas la nuance nécessaire. Il faut espérer qu’elle travaille vite cela, le personnage étant clé dans le développement de l’intrigue. La bonne idée a sinon été d’en faire son portrait en même temps que celui de sa sœur, par le biais de la découverte progressive par cette dernière de son entourage et de son univers. On aurait tout de même pu se passer de cette histoire d’adultère assez prévisible et cliché et qui,  comble du comble, nous impose la prestation douteuse de Polaha. En parallèle, les tensions avec son mari sont déjà plus intéressantes et portées par un jeu bien plus solide qu’est celui de Ioan Gruffudd. Quoi qu’il en soit, l’introduction des personnages reste globalement bien pensée et efficace même si certains peuvent n’avoir qu’un intérêt limité. Enfin, s’il devait y avoir un dernier reproche à faire à ce pilot, ce serait au niveau de sa réalisation plutôt chaotique. On parle beaucoup d’une certaine scène en mer à l’aspect assez cheap mais au fond, ce n’est pas ce qu’il y a de plus raté visuellement. Le plus gênant ce sont plutôt les passages  dédoublant Sarah Michelle Gellar entre ses deux rôles. Ils manquent  tous beaucoup de soin. Cependant, on sent malgré tout une volonté de proposer quelque chose de différent dans l’image, collant à l’ambiance sombre de thriller de la série. Alors, même si le résultat n’est pas toujours des plus réussis et que la bande-son sirupeuse (dont la CW n’a pas pu s’empêcher d’affubler la série) vient aussi un peu gâcher le travail, la démarche est honorable.

 

New Girl: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-07-16h57m18s108.pngDébut réussi pour la New Girl ! Du moins avec ce pré-air. Pour ce qui est du véritable pilot, il devrait sûrement subir quelques changements dont notamment le remplacement de Damon Wayans Jr. Mais si ça n’en tenais qu’à moi, je ne changerais absolument rien. L’épisode livre une entrée en matière enjouée et efficace, nous présentant une Jessica gentiment farfelue et instantanément rendue attachante par Zooey Deschannel. L’alchimie avec le reste du cast n'est pas encore tout à fait au point mais l’installation de quelques premiers gimmicks entre eux reste plutôt réussie. L’amitié n’est sinon bien sûr pas immédiate mais toute la petite intrigue autour du rebound-guy que tentent de dégoter les garçons à Jessica sert de bonne fondation. Je suis d’ailleurs très content que la série choisisse de faire de cette atypique colocation avant tout l’histoire d’une amitié et non une prévisible comédie romantique, ce que je craignais un peu. Bien sûr, on ne devrait pas échapper à une éventuelle idylle, c’est inévitable dans ce genre de série, mais pour l’instant, aucun signe de romantisme (si ce n’est dans les hilarantes référence à Dirty Dancing), la priorité étant donnée à la comédie amicale. Une priorité qui me plaît bien.


Revenge: 1.01 Pilot (Series Premiere)

 

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vlcsnap-2011-09-06-18h04m12s112.pngPlus qu'un plat qui se mange froid, cette fameuse vengeance qui donne son titre à la série, est surtout un plat qui se mange fade. Entre intrigues soapesques archi-classiques allant de l'amourette teenage à l'adultère, j'ai en tout cas bien failli mourir d'ennui. Pourtant la série avait réussi à avoir toute mon attention dans ses premières minutes avec ce début au flashfoward Damagesien, qui manquait peut-être un peu de style et d'originalité mais qui avait le mérite de susciter un minimum de curiosité. Seulement, à mesure que les projets de vengeance se sont dévoilés, mon intérêt a vite faibli. La charmante Emily Van Camp n'est pas à blâmer, elle se débrouille plutôt bien en jeune femme jouant les faux-semblants. Le problème vient davantage de l'exécution de ses plans, bien trop facile et prévisible, ainsi que l'explication par flashbacks simpliste et expéditive de ses motivations qui achève d'ôter toute consistance et crédibilité à l'intrigue. Sans parler bien sur du reste casting pas convaincant pour un sou, des deux prétendants sans épaisseurs de Van Camp en passant par le rejeton pré-pubère de Gossip Girl, jusqu'à la matriarche diabolique qu'on croirait tout droit sortie d'une telenovela cubaine bas de gamme. Bon, j'avoue la bande-son était cool et malgré une réalisation un peu douteuse, l'ambiance plagière des Hamptons m'a plue. Mais n'en déplaise à la douce Emily, c'est bien trop maigre pour me donner envie de poursuivre.

Publié dans Judging Pilots

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Flow 03/10/2011 07:52



Je vois que tu as mon blog dans ta liste à droite mais je ne connaissais pas le tien. Erreur rectifiée!


Pour les pilots, Revenge est tellement risible que ça sera mon Guilty pleasure annuel.


Ringer est intriguant (et continue à l'être). Up all Night perd de son intérêt d'épisodes en épisodes et j'ai détesté 2 broke girls et New girl.



Shoone 03/10/2011 19:40



Pas de souci ;) Bienvenue à toi au passage!


Revenge n'a même pas réussi à me faire rire pour que j'aie envie de revenir personnellement. Trop mou du genou et inconsistant pour moi.


Dommage pour les Girls, mais il faut dire qu'il faut adhérer aux prestations de Dennings et Deschanel.


Merci enfin de me confirmer que j'ai bien fait de passer mon chemin dans le cas de Up all night.



Orangema 30/09/2011 23:03



D'accord avec tes avis sur Ringer et New Girl qui sont deux nouveautes que j'aprecies bcp j'espere qu'elle seront renouvelles mais vu les audiences pas de panique ^^



Shoone 01/10/2011 13:11



Je pense qu'il ne devrait pas y avoir trop de problèmes pour ça dans le cas de New Girl vu qu'elle a déjà décroché sa saison complète. De 24 épisodes qui plus est.


La situation de Ringer est moins évidente mais j'ai bon espoir, elle s'en sort avec des audiences correctes pour le moment, plus hautes que celles de la moitié des séries de CW



Eclair 17/09/2011 12:22



Je pense tout comme toi, Shoone, au sujet de Ringer. Et tu as riason, il n'y a pas que la scène du bâteau qui fait "chep, il y a aussi les scènes réunissant les jumelles qui donnent une sensation
de malaise, j'ai d'ailleurs trouvé SMG beaucoup moins convaincante dans ces répliques probablement parce qu'elle n'avait personne en face d'elle.


Je n'ai pas encore vu New Girl ou Revenge, ça attendra la semaine prochaine probablement.



Shoone 17/09/2011 17:17



Oui, l'actrice n'est pas franchement à l'aise dans ce double-rôle. ça va mieux en revanche quand elle joue Bridget. J'imagine que c'est parce qu'il est plus proche de ce qu'elle a déjà fait.



Emma 15/09/2011 23:53



Je pense à peu près la même chose que toi pour Ringer, excepté pour la réalisation, où ce que tu décris, ne m'a pas sauté aux yeux (mais de toute façon, je ne suis pas tellement attentive à ça.)


Mais je pense différemment pour The new girl. Je me suis vraiment ennuyée.


Quant à Revenge, ça me tente pas mal et je m'y mets dès que possible :)



Shoone 16/09/2011 15:23



Je ne prête en général pas beaucoup d'importance à l'aspect visuel non plus mais dans le cas de Ringer, ça m'a tout de même dérangé par moment... et puis impossible de passer à côté de la fameuse
scène du bateau tant décriée dernièrement sur la Toile.


 



tao 06/09/2011 18:17



Le style soap à l'ancienne m'a beaucoup plu dans Revenge. La série serait mieux passée de l'été. En pleine saison des networks, ça risque de mal se digérer, à moins de prendre un ton décomplexé.
Ce qui m'a surtout déplu dans ce pilot, c'est son casting. Comme tu le dis, il est fade et sans intérêt. Avec un meilleur casting, la série aurait été meilleure.